Etre capable de s'occuper d'un être vivant, c'est apprendre, savoir s'occuper de soi-même

et d'autrui. C'est être attentif à la vie : l'animal, être vivant et sensible,

ne peut qu'humaniser l'humain.

N. Ménigon

Médiation, de son étymologie media, signifiant « grâce à ».

La présence animale est facilitatrice d’entrée en relation avec l’Homme.

L’animal est un « catalyseur social » et peut faire émerger des potentialités chez la personne fragilisée.

Historique & définition

L’histoire a été marquée par des moments-clés comme étant les prémices de la médiation animale. Déjà au IXème siècle à Geel, des personnes malades étaient chargées de garder des oiseaux dans le but d’améliorer leurs capacités psychologiques et physiques. Puis au XVIIIe siècle, William Tuke, personnalité importante de l’approche du traitement moral et fondateur de York Retreat, confiait les soins des lapins et volailles aux patients afin de les responsabiliser et les structurer. En 1942, un hôpital militaire américain a même fait appel à des chiens, jouant sur l’humeur pour favoriser la guérison. Ces aperçus historiques sont le filigrane des recherches et pratiques contemporaines.

Dans cette perspective, selon la définition que propose le site Zoothérapie Québec de la médiation animale ou zoothérapie en leurs mots : « « L’intervention en zoothérapie s’exerce sous forme individuelle ou de groupe à l’aide d’un animal familier,
soigneusement sélectionné et entraîné, introduit par un intervenant qualifié auprès

d’une personne chez qui l’on cherche à susciter des réactions visant à maintenir

ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif. ».

Nous parlons de médiation, car l’animal devient agent médiateur entre le bénéficiaire

et l’intervenant accompagné du référent institutionnel.

Une relation triadique se met alors en place :

En pratique

Les activités assistées par l’animal (AAA) peuvent ainsi prendre des formes diverses en fonction des objectifs définis, des animaux et des bénéficiaires ciblés. Le consensus des auteurs et intervenants actuels est de distinguer les formes suivantes, bien que la limite entre est parfois floue :

  • La visée ludique : Cette pratique ne propose en théorie, pas d’objectifs ni évaluations. L’animal est considéré davantage comme centre d’intérêt que comme médiateur : la visite animalière (type « chien-visiteur ») ; l’animation (par exemple lors d’anniversaire d’enfant).
  • La visée éducative : Avec le but de transmettre des informations afin d’établir un respect des animaux, de l’écologie (type ferme pédagogique) ou encore la prévention des morsures.

  • La visée recherche : Permettant l’inclusion méthodologique de la MA sur le terrain au sein d’études scientifiques en cours (par exemple lors d’un doctorat avec le soutien de La Fondation Adrienne & Pierre Sommer).
  • La visée sociale : Appliquée au secteur social tant sur le plan individuel que collectif, avec l’accompagnement à l’intégration sociale et les transitions de vie (de la rue au logement, du suivi à l’hébergement pour personnes en perte d’autonomie, à caractère social…).
  • La visée thérapeutique : Où l’intervenant a intégré la MA à sa pratique professionnelle initiale, de la santé ou du social. Comme selon Georges-Henri Arenstein, psychologue, psychothérapeute, zoothérapeute et enseignant de la pratique, lors d’une thérapie assistée par l’animal (TAA), on retrouve comme dans toutes formes de thérapie, un plan de traitement. Conçu et appliqué par le professionnel ancré dans son champ d’expertise (en santé mentale/physique… orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue, éducateur spécialisé…), ce plan comporte des objectifs thérapeutiques adaptés au bénéficiaire avec des notes évolutives sur les progrès réalisés et mesurés de façon objective tout au long du processus.

De cette manière, la frontière entre ces différentes visées des AAA reste floue : les unes s’imbriquant souvent dans les autres, pour finalement avoir une répercussion thérapeutique. De manière préventive, une animation animalière avec la confection de petits jouets/friandises pour les animaux contribuera, par le côté ludique, à établir le lien social, valoriser le soi, stimuler les sens, l’émotionnel et la motricité fine.

Sur le plan de la reconnaissance, aucun diplôme n’est protégé à l’heure actuelle en France signifiant qu’aucune formation ne conduit « officiellement » à cette spécialisation de façon obligatoire. Des certifications peuvent être obtenues par le biais de formations aussi nombreuses que parfois douteuses, mettant en place leur propre programme d’enseignement. Ainsi, ce fut en décembre 2018 par arrêté ministériel que le diplôme Chargé de projets en médiation par l’animal voit le jour et dont l’institut Agatéa est à l’origine. Hormis la bonne nouvelle, c’est une réelle reconnaissance de la part de l’Etat, pouvant assurer un professionnalisme imposé. Sur le plan purement théorique, des diplômes universitaires (DU) ont vu le jour (DU Relation d’aide par la médiation animale, DU Relations Homme-Animal, DU Antropozoologie : Relation Homme/Animal – Médiation, thérapie et bien-être animal). Ces derniers sont très axés enseignements théoriques avec l’existence relative de pratique (70h de stages sur deux ans au plus).

Regard photographique de nos séances

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